Les champs du futur

Les champs du futur

Champs du futur

Génisse limousine de la ferme des Buteaux. Photo Dorian Le Jeune/EPJT

 

31791287847_a5bedd2520_c

Louis Claveau/EPJT

Dans le numéro 26 du magazine de l’école Innova, le sociologue François Purseigle analysait la recomposition du métier des agriculteurs. Il expliquait que, les concernant, « les défis sont à la fois économiques, techniques et sociaux. Les agriculteurs conçoivent tous l’agriculture de manière différente. Ils peuvent s’orienter vers une production de qualité ou une production bon marché. D’autres privilégient la modernisation de leur équipement ou encore la relation entre professionnels. Au niveau d’un canton, sur 8 ou 10 agriculteurs, aucun n’aura le même projet économique. »

Il relevait ainsi la diversité des projets de ces exploitants, passionnés de leur métier. C’est cette diversité que des apprentis journalistes de l’école ont été interroger dans des fermes de France. Lire la suite….

 

45804426895_1c808a6ef5_c

Bénédicte Galtier/EPJT

Le Centre Val de Loire est une région riches en productions agricoles. Première région céréalière d’Europe, le Centre vient également en tête des régions françaises pour la production oléagineuse. L’élevage tient sa part sans oublier la vigne, l’horticulture, le maraîchage et la culture fruitière. Cependant, depuis une trentaine d’années, le nombre d’agriculteurs baisse alors que les exploitations sont de plus en plus grandes.

Dans le même temps, de jeunes producteurs s’installent ou transforment leur exploitation afin de produire autrement. Une production durable ou simplement plus moderne. Cet automne, nos étudiants sont également allés à leur rencontre. Lire la suite…

 

Dossier réalisé par Dorian Le Jeune, Julie Petitfrère, Ariel Ponsot, Maïlis Rey-Bethbeder, Laurène Rocheteau, Amandine Sanchez, Simon Philippe, Manon Van Overbeck

Les champs des possibles

Les champs des possibles

Odile Canon, éleveuse. Photo : Noémie Le Page Dronval/EPJT

Le numéro 26 du magazine Innova est disponible. Le thème de cette année : les défis des agriculteurs. Le poids de la FNSEA, les nouveaux systèmes de production – de la permaculture aux élevages intensifs – la place des femmes à la tête des exploitations, le rôle des marchés internationaux, le désespoir d’un métier remis en cause dans ses fondamentaux mais aussi le bonheur de faire ce qu’on aime et d’y croire, c’est tout cela que les journalistes-étudiants ont voulu appréhender.

Ils sont 18. Dix-huit étudiants d’Année spéciale de journalisme, une formation dédiée au journalisme magazine print et web. Comme chaque année, ils ont découvert le thème du magazine à réaliser au printemps le jour de la rentrée. Dire qu’ils ont sauté de joie est peut-être excessif, mais le sujet a eu l’air de les intéresser.

En novembre, ils hantaient les allée de Ferme Expo, le salon de l’agriculture de Tours. Ils ont également écumé les pavillons de la plus grande ferme de France, se sont faufilé dans la salle où se tenait le congrès de la FNSEA. Chacun a organisé une veille numérique pour surveiller la thématique et dégager des sujets intéressants. Ils ont traqués les producteurs locaux, se sont intéressé aux mode de production, aux conditions de vie des agriculteurs et aussi à celle des animaux. Bref, ils ont pensé, mangé, dormi et peut-être rêvé agriculteur.

En janvier, ils ont lancé une campagne de Crowdfundig pour financer leurs reportages. Pour l’animer, ils ont réalisé une video, pastiche de l’émission « L’Amour est dans le pré ». La campagne a atteint son but en quinze jours. Ils ont agité les réseaux sociaux, Twitter, Instagram, Facebook

 

 

Puis le jour J est arrivé. Première réunion de rédaction. Deux jours pour proposer les sujets, en débattre, les choisir, établir un chemin de fer, proposer des sujet Web. Le magazine lui-même a été réalisé en cinq semaines, de la toute première réunion au bouclage final. Enquêtes, reportages, interview, portraits, portfolio, ils ont tout réalisé, écrit, mis en page, corrigé. Ils ont également réalisé les infographies présentes dans le numéro.

Et pour aller plus loin, ils ont également réalisé des articles web permettant une lecture augmentée du magazine. Ces articles sont accessibles via des QRcodes et ont été publiés sur Magazin.

La foire aux bestiaux

Sols, restons couverts

Les agriculteurs et Youtube

Semer dans la ville, agriculture urbaine

 

Imprimé avec soin chez Picsel, l’imprimerie de l’université, Innova attend maintenant ses lecteurs. Vous pouvez soit
– le commander à l’EPJT, 29, rue Pont-Volant, 37000 Tours en envoyant une enveloppe au format 21×29,7, timbrée et mentionnant vos noms et adresse
le lire sur le Web.

Magazin

https://issuu.com/epjt/docs/n__26_les_champs_des_possibles
La foire aux bestiaux de Parthenay

La foire aux bestiaux de Parthenay

La foire aux bestiaux de Parthenay

Notre métier, c’est de produire des animaux. Mais on sait que leur fin, ce sera l’abattoir. » Denis Coudreau est le directeur du marché de Parthenay. Cette foire aux bestiaux en plein cœur des Deux-Sèvres créée en 1973 compte 250 paysans sur ses listes. Deux fois par semaine, les éleveurs arrivent entre 5 h 30 et 7 h 15 pour déposer leurs animaux qui seront ensuite vendus aux enchères. Les négociants arpentent les box. Ils tâtent les moutons pour sentir le gras sous leur jeune laine. « Vous mangez le gras, vous ? Et bien nous non plus. Plus les gigots sont fermes, plus la viande sera bonne. » A l’aide d’une télécommande, les acheteurs font monter les prix. Une fois l’enchère finie, libre à l’éleveur de décider s’il veut vendre ou non.

Entassés dans leurs enclos, les agneaux bêlent, les yeux écarquillés, les oreilles en arrière. La foire est en effervescence. Sans discontinuer, Louise, la cheffe des ventes, annonce à travers des enceintes stridentes le prix du lot disputé. Apeurés par le brouhaha, les animaux se bousculent et se montent dessus au moindre geste.

Plongée en son et en image au sein d’un des plus grands marchés aux bestiaux de France.

Hugo CHECINSKI

Cette article a été réalisé dans le cadre d‘Innova.

Innova est un magazine réalisé chaque année par les étudiants en Année spéciale de l’EPJT.
Cette année, le numéro est consacré aux agriculteurs. Si le magazine vous intéresse, vous pouvez
– le commander à l’EPJT, 29, rue Pont-Volant, 37000 Tours en envoyant une enveloppe timbrée au format 21×29,7
– ou le lire sur le Web.

Sols, restons couverts

Sols, restons couverts

Sols, restons couverts

Photo : Ownwork

Les agriculteurs pensaient tout savoir et prendre soin de leurs sols. Ils sont de plus en plus à prendre conscience qu’il n’en est rien. Influencés par des lanceurs d’alerte ou accompagnés par l’Inra, certains apprennent mieux à les connaître et à tester de nouvelles pratiques agricoles. Quitte à remettre en cause des fondamentaux, comme le labour.

Par Pierre-Emmanuel Erard et Bénédicte Galtier

C’est un jour pluvieux dans le val de Cher, à Montlouis-sur-Loire. Armé d’un grand couteau, Jean-Claude Quillet prélève un bon morceau de terre d’un de ses champs de blé qu’il prend dans le creux de sa main. « L’important c’est l’humus. Une bonne terre est noire », prévient-il. Puis, il se met à égrainer le morceau.

Rapidement, un premier ver de terre apparaît puis un second. L’agriculteur les regarde comme s’il s’agissait de pépites. D’un geste, il nous montre les nombreux turricules entre chaque pousse de blé d’hiver. Ces petites billes de terre sont les excréments des lombrics. « C’est la preuve que le sol est vivant, proclame-t-il. Notre agriculture, c’est de la permaculture avec un minimum de chimie. » S’il emploie des herbicides, comme le glyphosate, c’est à doses homologuées. Pour lui, ce n’est pas la chimie qui détruit la microbiologie des sols, mais le labour.

Il en est convaincu depuis 1990. Après deux sécheresses consécutives, avec quelques cultivateurs de Touraine, il décide de ne plus labourer. Une simple expérimentation qui achève de le convertir. La qualité du sol s’améliore et les récoltes augmentent.

« On a suupprimé 100 % des pesticides, 80 % des fongicides et 50 % des désherbants », explique Jean-Claude Quillet, céréalier dans l’Indre-et-Loire. Photo : Bénédicte Galtier/EPJT
Bien que circonspecte, sa famille le laisse procéder à ses semis directs. Deux décennies plus tard, les parcelles toujours enherbées de Jean-Claude et de son fils Anthony détonnent encore dans un paysage de terres nues. Des légumineuses (tels les petits pois), la luzerne et des végétaux morts préservent les champignons, les bactéries et les racines qui font la qualité des sols.

Les critiques des voisins ne sont pas tendres, mais père et fils n’en ont cure. Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France. Anthony regrette que cet adage soit encore respecté à la lettre. Difficile en effet de tordre le cou à des habitudes millénaires.

En 1995, Jean-Claude Quillet fait une rencontre décisive, celle de l’ingénieur agronome Claude Bourguignon. L’agriculteur est conquis par sa démonstration et lui demande d’analyser ses parcelles. « Il a su nous bousculer et a confirmé ce que nous pressentions : le labour tue les sols », se souvient Jean-Claude.

Lydia et Claude Bourguignon parcourent le monde pour procéder à des analyses de sols des vignobles et conseiller les vignerons. En 2017, ils étaient au Chili. Photo : LAMS
Dès les années soixante-dix, Claude Bourguignon tire la sonnette d’alarme. Pourtant à l’Institut national de recherche agronomique (Inra) où il travaille alors, l’ingénieur crie dans le désert. Avec Lydia, son épouse, il finit par démissionner et crée son propre laboratoire à Marey-sur-Tille, près de Dijon.

Pour le couple, les sols seraient au bord de l’asphyxie. La biomasse (la matière organique d’origine végétale) et les micro-organismes du sol (les bactéries et les champignons) se réduisent tant que le sol devient quasiment inerte.

« Après 1945, on a intégré dans l’agriculture les technologies militaires. Les gaz de combat ont été transformés en insecticides, l’agent orange en herbicides, les tanks en tracteurs. Le nitrate des bombes a servi d’engrais. Pas étonnant que l’industrie qui sert à tuer anéantisse le sol », dénonce-t-il.

L’approche du couple séduit partout dans le monde. Il choisit de se spécialiser dans la viticulture où les producteurs sont prêts à débourser des sommes plus importantes pour des analyses du sol.

Le déclic Terminator

Dans l’appellation saumur-champigny, à Parnay, le château de Targé surplombe la vallée de la Loire. La famille Pisani-Ferry y cultive 19 hectares de cabernet franc et 2 de chenin blanc. Depuis plus de quinze ans, ces viticulteurs font confiance aux Bourguignon jusqu’à laisser 2 hectares de vigne au repos afin d’assurer l’assolement préconisé par le couple. « Monsanto avait lancé la technologie “Terminator” qui produit des graines stériles, se remémore Édouard Pisani-Ferry. J’aime beaucoup Schwarzenegger, mais appliquer un tel processus sur la nature, c’est scandaleux. »

Dans le Maine-et-Loire, Paul Pisani-Ferry et son père Édouard ont choisi de suivre à la lettre les préconisations du couple Bourguignon. Ils ne traitent plus chimiquement leurs 24 hectares de vignes, quitte à laisser les interrangs enherbés. Photo : Pierre-Emmanuel Erard/EPJT
La reconnaissance récente des effets cancérigènes du glyphosate achève de le convaincre. « Pas question d’utiliser ce type de produits. Je veux que mes enfants vivent en bonne santé. »  Il devient un fervent défenseur de la vie du sol. « Claude ne m’a pas dit “arrête tout et passe au bio”. Il a été plus subtil. Il m’a montré les dégâts sur mes vignes. Depuis que j’applique ses conseils, je vois bien qu’ils portent leurs fruits », ajoute le sexagénaire.

La stratégie des lanceurs d’alerte est payante mais leur prestation a un coût : de 3 000 à 5 000 euros par an pour un passage à chaque saison. Plus de glyphosate chez les Pisani-Ferry ? Qu’à cela ne tienne, les vignes seront désormais enherbées et traitées au soufre et au cuivre, autorisés en viticulture biologique. Ils entretiennent leurs sols uniquement en surface entre les ceps de vigne, à l’aide de lames, de pattes d’oie ou de herses rotatives. Le travail est chronophage car il nécessite plus de passages qu’en conventionnel, mais il enrichit le sol. « Y a pas photo. Le raisin gagne en qualité et l’environnement est respecté », poursuit son fils Paul qui est en train de faire certifier son vin bio.

Dépassés les Bourguignon ?

Si la presse est séduite et assure une belle couverture médiatique au couple Bourguignon, ces coups de projecteurs ont le don d’agacer l’Inra. L’institut lui reconnaît volontiers son rôle de lanceur d’alerte mais le considère un peu has-been. « Il ne s’appuie pas sur la microbiologie moléculaire qui permet d’étudier désormais 80 à 90 % des micro-organismes du sol », précise Lionel Ranjard, directeur de recherches à l’Inra.

« Ils nous prennent pour des rigolos. Nous ne disposons pas de leurs moyens mais notre métier est d’aller rencontrer les agriculteurs, pas de nous enfermer dans notre laboratoire », répond Claude, sans chercher à polémiquer. Il semble que la hache de guerre soit enterrée. La nouvelle génération de chercheurs, dont fait partie Lionel Ranjard, a pris les commandes de l’institut et entend innover. Depuis 2002, des campagnes sont mises en place pour combiner les données de l’Inra sur la qualité des sols avec celles d’agriculteurs volontaires.

L’ADN détecté dans le sol est celui des organismes vivants qu’il contient. Plus les traces sont importantes, meilleure est sa qualité.
Lionel Ranjard s’est lancé dans un travail de longue haleine de cartographies des sols. Quelque 2 200 sols ont déjà été identifiés. Un réseau d’expérimentation et de veille agricole (Reva), constitué par 250 agriculteurs répartis en groupes sur tout le territoire, collecte le maximum de données. C’est l’Observatoire français des sols vivants qui pilote le dispositif. Plus de 60 % des participants ne travaillent plus les sols depuis et privilégient le couvert végétal en répandant, par exemple, de gros copeaux de bois.

La vie sous vos pieds

« Avec ces analyses de la biomasse microbienne moléculaire, nous pouvons disposer d’alertes fiables pour modifier les pratiques et enrichir naturellement le sol », explique la présidente du Reva, Élisabeth d’Oiron Vérame, arboricultrice à Saint-Rémy-de-Provence. Comme pour une prise de sang classique, les sols sont régulièrement analysés pour mesurer leurs qualités : tassement, analyse physico-chimique mais aussi présence de champignons et de lombrics. Le prix d’une analyse reste conséquent (autour de 1 500 euros). Les scientifiques cherchent à encourager la concurrence entre laboratoires pour faire baisser son prix. Quels que soient les outils adoptés, les experts des sols sont unanimes : adieu le labour et bonjour les couverts végétaux. 

Pierre-Emmanuel Erard

@pemerard
28 ans.
Étudiant en Année spéciale de journalisme.
Passionné par l’histoire et la politique.
Passé par Ouest-France Bayeux.
Se destine à la presse écrite.

Bénédicte Galtier

@bene_galtier
41 ans.
Étudiante en année spéciale de journalisme.
Passionnée par l’action publique locale, le management, l’innovation, les relations internationales hispanophones. A travaillé auparavant en tant que chargée de communication interne dans le public et le privé. Passe par le magazine Management et le service Monde de La Croix cet été 2018.

 

Innova est un magazine réalisé chaque année par les étudiants en Année spéciale de l’EPJT. Cette année, le numéro est consacré aux agriculteurs. Si le magazine vous intéresse, vous pouvez
– le commander à l’EPJT, 29, rue Pont-Volant, 37000 Tours en envoyant une enveloppe timbrée au format 21×29,7
ou le lire sur le Web.
Les agriculteurs à la conquête de Youtube

Les agriculteurs à la conquête de Youtube

Agriculteurs sur les réseaux

Utilisation de pesticides, maltraitance animale, pollution des cours d’eaux… les agriculteurs font l’objet de nombreuses critiques. Pour redorer leur blason ils ont décidé de s’emparer des réseaux sociaux.

Par Justine Brichard, Adrien Petiteau et Ewen Renou
Photos : Justine Brichard/EPJT

 

Perdu au milieu d’un pré, le bras tendu vers le ciel, le Smartphone en main, encerclé par des vaches normandes. Théo Joyeux, 18 ans, ne cherche pas du réseau. Il se filme pour alimenter sa chaîne YouTube, Théo, futur éleveur, d’une nouvelle vidéo.

Redonner confiance aux consommateurs, voilà le leitmotiv des agriculteurs présents sur les réseaux sociaux. « Même des membres de notre propre famille arrivent à penser que ce qu’on fait est mal », déplore Cyrille Champenois, agriculteur dans les Ardennes. La faute, selon lui, à certains médias qui diffusent une image erronée et négative de l’agriculture. A travers les réseaux sociaux, le but est de combattre les préjugés. « Il s’agit de rééquilibrer le rapport de force et de reprendre le contrôle de notre image », explique Étienne Fourmont, éleveur de vaches laitières dans la Sarthe. Sur sa chaîne YouTube Etienne, agri youtubeurre, il ne s’est pas encore lancé dans le fact-checking (la vérification des faits) pour répondre aux médias, mais il y pense. En attendant, il réalise des vidéos pour redorer l’image de l’agriculture aux yeux du grand public. Tous parlent de communication positive.

« L’élevage ne se résume pas uniquement aux abattoirs », assure Étienne Fourmont. Il fait référence aux vidéos de l’association de protection animale L214 éthique et animaux. « Je ne reçois pas de critiques négatives, mis à part des vegans », ironise Théo Joyeux. Le lien entre le monde agricole et le consommateur est parfois rompu. « Avec les grandes surfaces, ils ne savent plus d’où provient la viande qu’ils mangent ni comment elle a été élevée », ajoute l’étudiant en BTS. Ses vidéos Youtube, il les réalise sur l’exploitation de son maître de stage dans les Deux-Sèvres. Lorsqu’il se lance en 2016, il est le premier à publier des vidéos sur l’élevage. Non issu du milieu agricole, c’est par amour des bêtes qu’il décide de s’orienter dans cette voie. « Dans les exploitations, on ne fait pas tous n’importe quoi. On ne maltraite pas tous nos bêtes », atteste Charlotte Salat, éleveuse de vaches Salers en Auvergne.

 

Sur son compte Instagram, Charlotte Salat met en avant sa ferme et ses productions.
Facebook, Snapchat, Instagram… Charlotte Salat partage sa passion pour son métier sur Internet. Pour elle, en plus d’être un objet de communication positive, c’est également une stratégie de communication pour sa ferme. Avant, elle passait par un grossiste pour vendre son fromage Salers tradition. Puis elle a souhaité se mettre à la vente directe et se rapprocher du consommateur. Elle crée alors un compte Facebook dédié à son activité. Elle voyait dans ce réseau social un moyen de faire connaître ses produits au grand public. Pari gagnant. Elle totalise, tous sites confondus, 12 200 abonnés. Parmi eux, très peu de personnes issues du monde agricole mais beaucoup de curieux qui souhaitent assister aux étapes de fabrication à travers les photos et les messages postés.

Ana-Gaëlle Le Damany possède également une page Facebook pour promouvoir ses produits. Paysanne depuis février 2016 elle s’est installée avec son copain dans la Bergerie de Kroaz Min, à Lannion (Côtes-d’Armor). A partir du lait de brebis, ils produisent fromages et yaourts qu’ils vendent en circuit court. « Sur mon compte Instagram, je publie des photos de ma vie et la vie à la ferme en fait partie intégrante, constate-t-elle. Je trouvais ça intéressant de montrer mon quotidien à des personnes qui ne savent pas ce que c’est d’être une femme paysanne. »

Le 18 novembre 2017, lors de la Ferme expo de Tours, Cyrille Champenois crée l’association FranceAgriTwittos. « Contrairement à Facebook et même Youtube, Twitter est un réseau social très professionnel », note l’agriculteur. Le compte Twitter (@fragritwittos) permet aux agriculteurs de communiquer entre eux et avec le grand public. Ils ont tous des histoires, des parcours différents. Les réseaux sociaux leurs permettent d’échanger sur leurs pratiques et les problèmes rencontrés. « Il y a autant d’agriculteurs que de manières de produire », constate Cyrille Champenois.

Mais comment conjuguer la profession exigeante d’agriculteur avec une activité sur les réseaux sociaux ? Si écrire un tweet ou poster une photo prend peu de temps, tourner une vidéo et la monter demandent plus de travail. Pour Étienne Fourmont, réaliser des vidéos est un plaisir mais « la charge de travail que nécessite notre métier est énorme ». Ses vidéos lui demande beaucoup de temps et ne lui rapportent rien. Une vidéo de quatre minutes nécessite jusqu’à six heures de montage pour l’éleveur. Ses parents, dont il a hérité de la ferme, jugent ce passe-temps chronophage.

Etienne Fourmont monte toutes ses vidéos Youtube à partir de sa tablette.
Théo Joyeux a eu le droit aux mêmes remarques de la part de sa famille. Mais qu’à cela ne tienne. « Je ne vois pas le temps passer quand je monte mes vidéos », avoue l’adolescent. Lui qui se fixe le rythme d’une vidéo par semaine concède qu’il est parfois compliqué de respecter cette cadence.

Aujourd’hui, le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel) fournit du matériel à Etienne Fourmont et quelques autres youtubeurs pour faire des vidéos de meilleure qualité. L’organisme professionnel en profite pour utiliser certains youtubeurs afin de servir ses intérêts. « Si le discours pour réhabiliter l’image de l’agriculture vient des éleveurs plutôt que des syndicats, c’est mieux, dixit l’ancien responsable syndical des Jeunes agriculteurs de la Sarthe. Avec les syndicats il y a toujours une suspicion sur le discours. »

Justine Brichard

@JustineBrichard
25 ans.
Étudiante en année spéciale de journalisme à l’EPJT
Est passée par les bancs de la fac pour étudier l’histoire.
A fait ses armes pendant près de deux ans à La République du Centre. Est récemment passée par Ouest-France et espère poursuivre l’aventure. Aime le sport, la musique, les sciences du comportement, les choses simples de la vie… Parler des autres, mais surtout pas d’elle. Se destine à la presse écrite. 

 

Adrien Petiteau

22 ans
@AdrienPetiteau
Étudiant en Année spéciale de journalisme à l’EPJT
Titulaire d’une licence d’histoire
Passé par Ouest-France et bientôt TV Tours.
Souhaite poursuivre en télévision. 

Ewen Renou

@EwenRenou.
21 ans.
Étudiant en Année spéciale de journalisme à l’EPJT.
Titulaire d’une licence d’histoire. Passé par Le Petit Vendômois et Radio Campus Lille.
Mordu de ballon ovale depuis le plus jeune âge.
Se destine au journalisme sportif en presse écrite

Innova est un magazine réalisé chaque année par les étudiants en Année spéciale de l’EPJT. Cette année, le numéro est consacré aux agriculteurs. Si le magazine vous intéresse, vous pouvez
– le commander à l’EPJT, 29, rue Pont-Volant, 37000 Tours en envoyant une enveloppe timbrée au format 21×29,7
ou le lire sur le Web.