Le manque à gagner des banques

Depuis quelque mois, les banques suivent le filon collaboratif. Le financement participatif propose une alternative au prêt bancaire dont elles ne veulent pas être exclues.

Le financement participatif, ou crowdfunding, est une des grandes tendances de la consommation collaborative. Il s’agit de financer des   projets via des plates-formes internet en faisant appel à des particuliers, prêts à soutenir des initiatives.

En 2014, le concept a permis de collecter entre 120 et 150 millions d’euros. Un outil alternatif aux prêts bancaires pour certains et complémentaire pour d’autres. Le crowdfunding répond en fait à une carence du système. Mais les banques ne restent plus en marge du concept, bien au contraire. Kiss Kiss Bank Bank, pionnier en France, se présente comme la banque de la créativité et de l’innovation. Le site est partenaire depuis 2011 de la Banque Postale.

Les fondateurs sont aussi à l’origine de Lendopolis, une plate-forme qui permet aux particuliers « d’investir directement dans l’économie réelle ». L’objectif ? Redonner le pouvoir aux citoyens qui pourront investir dans le développement de TPE-PME.

Un projet qui s’inscrit dans la même lignée que Widee, une plate-forme qui a noué depuis janvier 2014, un partenariat avec BNP Paribas.  « Sur les plateformes de nos concurrents nous observons que des banques débloquent de l’argent pour venir investir car il y une bonne rentabilité » explique Adrien Aumont, cofondateur de Kiss Kiss Bank Bank. « Le risque est que les banques entrent trop dans la mécanique » ajoute-t-il.

Ces partenariats sont en effet loin d’être isolés. Le Crédit Mutuel Arkéa est par exemple actionnaire à hauteur de 35% de Prêt d’Union, une plate-forme de prêts entre particuliers. Adrien Aumont ne s’inquiète pas encore : « Le crowdfunding peut éduquer les banques et les aider à métamorphoser leur manière de fonctionner. Il faut tout faire pour ce soit la foule et la mobilisation citoyenne qui remporte la majorité des flux. »