Le jeu dans la peau

Rythme cardiaque, température corporelle, direction  du regard, les réactions du joueur sont scrutées en détail pour optimiser l’expérience de jeu. Ici, le e-lab, l’espace dédié au jeu vidéo de la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris. Photo Clélie Louiset/EPJT

Le vingt-huitième et dernier numéro d’Innova est disponible. Le thème de cette année, le jeu car il faut bien finir en beauté. Mais le magazine de l’EPJT renaîtra l’an prochain sous une autre forme.

 

Des châteaux de la Loire, qui furent le décor pendant des siècles de longues parties de colin-maillard, aux écrans toujours plus grands, perchés en haut des gratte-ciels de Séoul, en passant par les cours d’école où l’on saute à pieds joints genoux écorchés, le jeu est partout.
À travers les âges, les époques et l’espace, il rapproche les hommes : ceux qui se retrouvent autour d’un Monopoly, un soir de Noël, d’une partie de tarot au bistrot du coin à la sortie du lycée ou ceux qui s’aiment au creux des draps froissés… Aujourd’hui, peut-être encore plus qu’avant, il crée des ponts entre ceux qui ne se sont jamais rencontrés. Les amitiés qui commencent sur des plateformes virtuelles sont monnaie courante. Et StarCraft, célèbre jeu de stratégie en temps réel, est devenu une pépinière d’amoureux.

Désormais la plus grosse industrie culturelle au monde, le jeu a pris une place prépondérante au cœur de nombreux débats sociétaux. Michael Moore, dans son film Bowling for Columbine, se demandait déjà si les jeux vidéo étaient responsables de cette tuerie, qui ne serait malheureusement pas la dernière. Récemment, dans la région toulousaine, une jeune adolescente s’est défenestrée pour avoir dépensé 400 euros en jeux vidéo avec la carte bancaire de ses parents. Les cabinets de psychologues sont plein de parents désarmés face à leurs enfants qui s’enferment dans une réalité virtuelle.
Le paradoxe est grand… Celui qui nous sert de liant est souvent accusé de nous séparer. Innova a voulu aller au-delà de ces critiques. Dans ce numéro, les femmes reprennent la main sur une industrie perçue comme machiste ; on trouve de nouvelles étoiles car participer à la recherche devient un jeu d’enfant ; le cerveau délivre quelques uns de ses secrets les mieux cachés ; les grandes énigmes de l’histoire attendent d’être résolues derrière les portes des monuments de la Loire ; les ingrédients de doux filtres d’amour se révèlent parfois électroniques. Enfin, ces pages regorgent de passionnés. Ils programment, conçoivent, dessinent, écrivent et, pour ce magazine, se racontent.
Car oui, il y a des hommes derrière les jeux. Rien d’étonnant alors à ce qu’ils soient le reflet de notre société, un peu égarée et complexe. À une époque où les politiques en appellent à la sagesse du peuple, nous répondons : « JOUEZ ! » Car, comme disait le dramaturge Samuel Beckett, jouer à être, c’est déjà exister un peu.

La rédaction

Imprimé avec soin chez Picsel, l’imprimerie de l’université de Tours, Innova attend maintenant ses lecteurs. Vous pouvez soit
– le commander à l’EPJT, 29, rue Pont-Volant, 37000 Tours en envoyant une enveloppe au format 21×29,7, timbrée et mentionnant vos noms et adresse
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