Cela fait une an et demi que les temps d’activités périscolaires font parler d’eux et agitent la planète école. Si certaines municipalités ont choisi de jouer le jeu et de les mettre en place dès septembre 2013, ils ne sont obligatoires que depuis la dernière rentrée. Pour certains militants, leur mise en place est catastrophique. Pour d’autres, le bilan est plutôt positif. A quelques semaines de la fin de l’année scolaire, il était temps de voir, sur le terrain, de quoi il retournait.

Par Florian CADU, Nadi DRIAMINA, et Célia MASCRE (textes et photos)

La récréation n’a jamais été aussi longue. Entre marelle et partie de cache-cache, les enfants de l’école primaire de Savigny-sur-Braye (Loir-et-Cher) se défoulent. Et ça dure depuis quarante minutes. A proximité, une forêt où les plus aventuriers s’engouffrent sans surveillance. Dans l’école maternelle d’à côté, les petits font la sieste. Le témoignage d’Anne Allet, la directrice, est déconcertant. Officiellement, c’est l’heure des TAP, temps d’activités périscolaires. Intégrés dans la réforme des rythmes scolaires, obligatoires depuis la rentrée 2014. La plupart des écoles les ont placés sur quatre jours, entre 15 h 30 et 16 h 15. Leur objectif ? Alléger la semaine et favoriser la découverte. Problème : à Savigny, il n’y a pas d’animateurs.

C’est loin d’être une exception. Pour Céline Fabre, enseignante et figure du militantisme contre la réforme, c’est même le problème majeur de la mise en place de ces activités. En cause : le salaire, à un taux horaire légèrement supérieur au Smic. En considérant qu’il travaille moins d’une heure par jour à raison de quatre fois par semaine, un animateur gagne moins de 150 euros brut par mois. Une situation plus que précaire, donc. D’autant que les ateliers, souvent placés en plein après-midi (vers 15 heures), bloquent leur journée. Difficile de s’organiser et de cumuler plusieurs jobs, pour les étudiants comme pour les professionnels. Pour peu que la commmune soit excentrée, comme à Savigny, la prestation n’est plus du tout rentable. Si certaines communes sont sauvées par la présence d’un centre de loisirs à proximité, d’autres se retrouvent sans encadrant.

Animateurs sans contrat

Pour pallier ce manque d’attractivité, les communes, même celles où il y a de l’argent, n’exigent aucun dipome. En découlent des situations aberrantes, comme celle d’Amélie, 24 ans, qui travaille dans l’illégalité la plus totale, sans contrat ni assurance. C’est dans l’école d’une petite ville de 10 000 habitants en Indre-et-Loire qu’elle intervient. « Après m’être inscrite à des cours de théâtre en début d’année scolaire, Grégoire, un animateur, m’a proposé de l’accompagner dans les écoles. C’est comme ça que je suis devenue animatrice théâtre. Alors que je commence à peine à prendre des cours. On ne m’a jamais demandé quoi que ce soit et je n’ai jamais vu une directrice d’école ou un membre de la mairie. Pour l’argent, c’est Grégoire qui me paye. Et parfois, lorsqu’il est absent, je me retrouve toute seule à animer. » Pourtant un budget confortable a été alloué par la commune. Si les diplômes ne sont pas garants du savoir-faire et ne doivent pas être le seul critère de recrutement, la situation est dangereuse pour les enfants comme pour Amélie. Les parents, inquiets quant aux compétences des personnes qui encadrent leurs enfants, seraient atterrés s’ils découvraient cette situation.

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La ville de Tours, elle, n’a pas ce genre de préoccupation. Elle collabore aujourd’hui avec plus de 50 associations (échecs, cirque, lecture…) grâce à un appel d’offre lancé chaque été. A chaque séance, pour une vingtaine d’enfants, on compte deux animateurs. Il faut dire que la mairie a décidé de se lancer dans l’aventure dès la rentrée 2013, comme le permettait la nouvelle loi. Ce choix explique en partie la bonne organisation des ateliers. Mais cela n’a pas empêché que cette mise en place se soit accompagné de problèmes économiques.

C’est d’ailleurs un reproche qu’adresse l’ensemble des mairies au gouvernement : le manque de moyens. L’Etat n’alloue que 50 euros par enfant et par an, pour un coût réel estimé à 224 euros. Les difficultés touchent davantage les villes de petite taille avec un pouvoir économique plus modeste. Ces dernières se retrouvent fréquemment avec un budget limité et peinent à répondre aux besoins matériels et humains des écoles. « L’Éducation nationale a rédigé un projet beau sur le papier mais a omis d’y inclure les moyens financiers, s’indigne Aude Colmant, animatrice théâtre à Tours. Les mairies, complètement esseulées, tentent de mettre en place des activités sans argent ni directives précises. C’est un non-sens total. » C’est oublier la loi de décentralisation qui veut que l’échelon municipal soit le plus indépendant possible et qui ne permet pas à l’Etat d’intervenir outre mesure.

Conséquence : les mairies ne partent pas toutes sur un pied d’égalité face aux TAP. « Actuellement en France, certains enfants font du poney pendant que d’autres s’ennuient sur un banc », dénonce Céline Fabre. Un rééquilibre des aides réparties en fonction des besoins de chaque commune pourrait être une piste à explorer.

Parfois, cependant, ce sont les communes qui trainent des pieds. On ne peut pas dire que Marseille soit une petite commune qui manque de moyens. Pourtant, les TAP ne sont mis en place dans ses 445 écoles que depuis le 9 janvier. Les quatre premiers mois de l’année ont été chaotiques. Occupations d’écoles, manifestations, grèves des cantines, actions en justice… Ne sachant jamais à quoi s’attendre, les parents s’exaspéraient de subir les conséquences d’un fiasco organisationnel. Pourtant, dans l’optique de la mise en place obligatoire des TAP, 2 millions d’euros d’aide de l’Etat sont directement tombés dans les poches de la municipalité en octobre 2014. Pour se dédouaner, la cité phocéenne évoque encore et toujours l’absence d’animateurs et d’argent. Un comble, quand on sait que les activités n’ont lieu que le vendredi après-midi sur toute la ville. Une organisation qui empêche automatiquement le roulement des animateurs. Ici, l’échec est clairement dû à la mauvaise volonté des édiles. Dès l’annonce de la loi, le maire UMP Jean-Claude Gaudin a refusé en bloc de l’appliquer.

Car même dans des villages à faible budget, les TAP peuvent fonctionner. À Lescheraines (Savoie, 750 habitants) par exemple, où le maire Albert Darvey fait preuve d’une grande implication : « Le recrutement des animateurs et la réalisation du planning réclament beaucoup d’investissement financier et personnel de la part des responsables de la ville et de l’école. Mais les TAP sont maintenant un succès : dans la seule école du village, la totalité ou presque des enfants se sont inscrits. » « La clé, c’est de travailler en bonne intelligence avec l’Éducation nationale et les parents d’élève », renchérit Patrick Frère, responsable du pôle jeunesse de Chambray-lès-Tours, ville moyenne d’Indre-et-Loire.

Locaux inadaptés

Autre souci récurent : la logistique. Les communes jouissent rarement de locaux appropriés pour le déroulement des activités comme le sport. Dans le cadre d’un atelier sur une heure, quand le local se trouve à 15 minutes de marche ou nécessite un trajet en bus, on frise le ridicule. Là, si on compte le temps que mettent les enfants à se changer, l’activité sportive ou culturelle peut ne durer que vingt minutes. C’est ce que vit Aude Colmant, qui dans le meilleur des cas, propose trente minutes d’activités. Bilan : chez les enfants comme chez les animateurs, frustration et fatigue sont au rendez-vous.

La solution à ces maux ? Utiliser salles de classe, self et cours de récré, comme c’est le cas à Lescheraines ou Chambray-lès-Tours. Encore faut-il que les responsables d’école, et en particulier les professeurs des écoles, jouent le jeu et donnent leur accord pour transformer leurs salles de cours en espaces de divertissement. Si leur aval n’a rien d’indispensable, ils peuvent constituer un véritable frein à la mise en place des TAP. « Quelques enseignants, positionnés d’emblée contre la réforme, n’ont pas été très fairplay au début », avoue Armelle Smaïli, membre de l’Association de parents d’élèves de Rabelais écoles et collège à Tours. Les animateurs déplorent également un manque de contact et de collaboration. « Les projets d’activités seraient bien plus intéressants si les instituteurs étaient impliqués », estime Mohamed Bellahcene, directeur artistique de l’association Gavroche Théâtre, qui anime des ateliers dans trois écoles de Chambray-lès-Tours.
TAP En région tourangelle

« Cela favoriserait les projets sur le long terme et on pourrait réaliser, par exemple, un vrai spectacle à la fin de l’année. » Les principaux concernés se défendent en évoquant un projet pensé sans les consulter. Le décret, rédigé au niveau national, n’a pourtant jamais exclu la participation des enseignants. Au niveau local, la mise en place des TAP devait s’accompagner de comités de consultation avec les enseignants et les parents d’élève, ce qui n’a pas toujours été fait. À Tours, des enseignants participent effectivement à ces activités en tant qu’animateurs. Une solution efficace qui pourrait se généraliser dans le reste de la France si les acteurs faisaient preuve de bonne volonté.

Les handicapés exclus

Reste des discriminations fustigées par certains enseignants et parents d’élèves. Dans une petite ville du Nord-Pas-de-Calais, les enfants de chômeurs en sont carrément évincés : « Il n’y a pas assez de place pour tout le monde, donc nous privilégions ceux dont les parents travaillent », explique un ancien animateur. Au sud de Tours, ce sont les parents, sans emploi, qui insistent pour venir chercher leurs enfants à 15 h 30. Les TAP leur ont été mal expliqués : ils ne comprennent pas ces changements d’horaires et ces nouveaux visages. Un manque de pédagogie et de communication de la part de la mairie. « Ces parents ont certainement peur de mettre leurs enfants avec des inconnus pour des activités non-scolaires dont ils ne comprennent ni les tenants ni les aboutissants », explique Pascal Brun, vice-président de la Fédération des conseils de parents d’élève d’Indre et Loire (FCPE 37). En outre, des dizaines de témoignages recueillis par le Défenseur des droits indiquent que deux enfants handicapés sur trois n’auraient pas accès à ces activités périscolaires. « Les AVS (auxiliaire de vie scolaire) des enfants en situation de handicap ne sont présents que lors des temps de cours. Ensuite, ces enfants restent seuls pour les TAP. Du coup, soit ils en sont exclus, ce qui engendre des frais de garderie pour les parents, soit ils regardent leurs camarades pendant une heure », rapporte Céline Fabre. L’exclusion des enfants en situation de handicap est inhérente au système scolaire français lui-même. Même si les TAP renforcent cet isolement, combien d’enfants handicapés ne sont aujourd’hui pas scolarisés ?

« Comment faire quelque chose de sérieux avec un animateur pour quarante enfants ? »

Aude Colmant

Concernant l’intérêt pédagogique des activités, un seul regret : l’impossibilité de mettre en place une activité sur le long terme. Dans la plupart des écoles, les TAP sont en effet divisés en cycles de cinq semaines pour donner aux enfants accès à toutes les activités. « Comment voulez-vous réaliser quelque chose de sérieux avec une heure d’activité par semaine ? Surtout quand il n’y a qu’un seul animateur pour une quarantaine d’enfants, comme cela se voit parfois », s’étrangle Aude Colmant, qui intervient dans des écoles situés dans des quartiers défavorisés. Reste que les principaux concernés, ravis la plupart du temps, peuvent s’épanouir et être plus attentifs aux cours élémentaires du lendemain. Car à 15 heures, dans les salles de classe et gymnases d’Indre-et-Loire, ce sont bien de larges sourires qui se dessinent sur les visages des petits et des animateurs. Des sourires qu’on retrouve une heure plus tard chez les parents, à la sortie de certaines écoles. Leur enfant ne deviendra peut-être pas le prochain Georges Brassens ou le futur Picasso, mais il aura appris quelques accords de guitare et saura manier le pinceau. Si les mairies ne les laissent pas dans la cour de récréation.
« Ne faisons pas les choses à moitié. L’école toute la journée, du temps en plus. » Campagne de publicité du ministère de l’Education allemand

Allemagne, quand le cancre devient bon élève

Après avoir constaté l’échec de son système scolaire, l’Allemagne s’est lancé dans des réformes. Entre temps, les médias français se sont empressés de déclarer la fin du « modèle allemand ». Pourtant, en quelques année, l’Allemagne est remonté dans le classement Pisa et le taux d’échec scolaire a diminué. Une remise en question qui pourrait servir de modèle à la France.

Plus d’après-midi à la maison avec maman, la télé et Internet. Le modèle allemand, célèbre pour son école uniquement le matin, a vécu. A l’origine de cette révolution, un traumatisme. En 2000, l’Allemagne se découvre mauvaise élève. Elle est classée en dessous de la moyenne au Pisa, une enquête internationale sur les acquis des élèves. Un choc qui sert de catalyseur aux réformes. Le gouvernement Schröder décide de changer la philosophie du système éducatif pour faire de l’école un lieu de vie et pas seulement d’apprentissage.

C’est ainsi qu’est née la Ganztagsschule ou l’école « toute la journée ». Elle est ouverte jusqu’à 16 ou 17 heures, trois fois par semaine au minimum. Les cours sont dispensés matin et après-midi. Les élèves bénéficient de l’aide aux devoirs, de soutien individuel, d’activités sportives et culturelles et de cours d’allemand pour les enfants d’immigrés.

Mais les réformes se heurtent au fédéralisme allemand. Alors qu’en France, les changements s’appliquent à l’ensemble du territoire, en Allemagne, les länder sont libres de les adopter ou non. En 2002, peu d’entre eux ont accepté l’aide de l’État pour embaucher de nouveaux enseignants, mettre en place des dispositifs et aménager de nouveaux locaux. En 2013, seul 12 % des élèves de Bavière bénéficient de l’école toute la journée, contre 70à 80 % en Saxe, en Brandebourg et en Westphalie.

Chorale ou foot, arts plastiques ou photo, souvent c’est l’élève qui décide de l’activité qu’il souhaite découvrir dans la journée. Les intervenants sont des éducateurs extérieurs ou des profs de sport, de théâtre, de musique. Ces activités sont à la charge des familles mais les plus modestes peuvent bénéficier du soutien financier de l’État. Dans les campagnes, il est plus difficile de trouver des intervenants. Alors, les parents viennent au secours des communes. Ils se rendent à l’école pour jouer à des jeux de société, bricoler ou inculquer le goût de la lecture. L’église, catholique ou protestante, dispense,elle, des cours aux élèves en difficulté et met à disposition des locaux.

Sociologues et psychologues sont satisfaits : moins de stress, plus de bien-être et de créativité. Appliqué différemment d’un land à l’autre, la Ganztagsschule prouve son efficacité. En 2013, l’Allemagne se place au dessus de la moyenne dans le rapport Pisa, le nombre d’élèves en difficulté est passé d’un quart à un cinquième.

Dans une école parisienne, un atelier de danse. Photo L. Colmant

« Les TAP ne sont pas des temps de garderie »

La réforme scolaire vise à réduire la fatigue des enfants et à favoriser leur apprentissage : des journées moins chargées, un emploi du temps plus étalé dans la semaine. Mais le choix d’accorder un week-end complet aux enfants serait négatif, si on en croit René Clarisse. Entretien avec un chronopsychologue à contre-courant.

Recueilli par Nadi DRIAMINA

René Clarisse, chronopsychologue

Quel est le rôle des TAP dans le développement de l’enfant ?
René Clarisse. Les activités périscolaires sont complémentaires des temps scolaires. Elles permettent de sensibiliser les enfants à des activités d’éveil et de l’ouverture. Ces temps peuvent être aussi l’occasion d’échanges pour préserver la mixité sociale et culturelle. Ils participent au développement harmonieux de l’enfant. Il va de soi que la qualité de l’encadrement est déterminante. Les TAP ne sont pas des temps de garderie. Les aménagements doivent donc préserver l’égal accès à l’éducation pour tous les enfants pour que ces temps ne deviennent pas le creuset des inégalités.

Les TAP ont généralement lieu vers 15 h 30, pour les élèves de primaire comme pour ceux de maternelle. Une même directive pour deux cycles, est-ce cohérent avec le biorythme des enfants ?
R. C. Les capacités d’apprentissage de l’enfant ne sont pas au même niveau tout au long de la journée. Ce n’est pas l’horaire des TAP, mais la charge cognitive demandée à l’enfant qui doit être prise en compte. Par exemple, les débuts de matinée et d’après-midi sont moins favorables à l’apprentissage. Avant 9 h 30, les activités ne doivent pas être exigeantes. Entre 9 h 30 et 11 h 30, le niveau d’apprentissage progresse. Ensuite, tous les enfants ont besoin d’une heure et demie, voire deux heures de pause. Le respect du sommeil, surtout des plus petits, est très important. Couper la sieste en deux, c’est une erreur. Le temps après la sieste ou la pause méridienne pour les enfants de primaire doit être réservé à des activités calmes, aux contenus plus ludiques. Le sport est à bannir. Les performances des enfants de 6 à 11 ans progressent à nouveau après 14 h 30 – 15 heures. On peut y placer autant les activités périscolaires que les cours.

Les mairies sont-elles seules décisionnaires là-dessus ? La réforme permet-elle ces ajustements ?
R. C. La réforme permet de positionner les TAP sur des jours différents, une heure par jour, ou de les rassembler sur une même journée. Mais si on les place le vendredi après-midi, par exemple, les parents peuvent se dire que ce sont des activités hors école et récupérer leurs enfants le midi. Or, le samedi matin à l’école serait plus bénéfique pour les enfants car cela éviterait la désynchronisation des rythmes veille-sommeil. Plus le week-end est allongé, plus la désynchronisation se répercute sur la santé et la fatigue de l’enfant. À partir du CE1, l’école sur quatre jours et demi, avec le mercredi libre et le samedi matin travaillé, est plus adaptée.

Dans ce cas, les deux ruptures de rythme, le mercredi et le dimanche, ne provoqueraient-elles pas plus de désynchronisation que dans le cas d’une seule rupture prolongée le week-end ?
R. C. Une seule journée d’interruption ne provoque pas de désynchronisation. Avec le mercredi sans école, les enfants se couchent le mardi soir à un horaire proche de celui des autres jours où il y a classe le lendemain. En revanche, lorsque le week-end est de deux jours, on observe un coucher beaucoup plus tardif amorcé dès le vendredi soir et qui se poursuit le samedi soir.

L’école le samedi peut-elle avoir des conséquences pour les enfants de couples divorcés ? Cela les prive d’un week-end complet avec le parent qui n’a pas la garde la semaine…
R. C. Ma position est celle d’un chronopsychologue : il faut avant tout respecter les besoins vitaux de l’enfant, c’est-à-dire sa rythmicité et régularité journalière biologique et psychologique. Cela ne dispense pas de réflexions complémentaires auxquelles d’autres chercheurs sont évidemment conviés. Attention à ne pas confondre débat de société et conclusions scientifiques.

Atelier cuisine dans une maternelle. Photo DR

Une école en pointe

Chambray-les-Tours, ville moyenne d’Indre-et-Loire, fait figure de bon élève dans l’application des TAP, temps d’activités périscolaires. La bonne entente entre la mairie et les parents, ainsi qu’une organisation optimale, ont permis de proposer aux enfants de l’école primaire des activités adaptées et originales.

Les TAP  se déroulent tous les jours de la semaine (hormis le mercredi), de 15 h 15 à 16 h 15. Pendant un trimestre, chaque jour de la semaine est dédié à une activité particulière, qui diffère selon les classes. Par exemple, les élèves de CM2 pratiquent la capoeira tous les vendredis. Les activités changent au bout d’un semestre. Sur cette carte interactive, un plan de la récréation.

Photos : Plan : Google Earth – Découverte sportive : Mairie de Carvin – Capoeira : Dmitrijs Rassohins copokids.lv – Hip-hop : Valery Bychkov http://www.tumentoday.ru – Activité manuelle : http://funny-kids.net

Manque de moyens

C’est une exception dans le paysage français. Face à la pénurie d’animateurs, le maire de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) Guy Geoffroy a décidé d’annuler les TAP en accord avec l’inspecteur de l’Éducation nationale. Alors même que le maire en était un fervent défenseur. « J’ai refusé de tomber dans la facilité, se défend-il. Un animateur pour quarante enfants, comme on voit souvent dans d’autres écoles, c’était inconcevable pour moi. » Il a opté pour une organisation atypique : les activités du centre de loisirs de la commune remplacent les TAP. Les enfants sont donc pris en charge par le centre aux frais de la ville. Pour ceux qui n’y sont pas inscrits, deux autres solutions gratuites pour les parents : l’étude surveillée ou la garderie. Un cas de figure qui montre que les obstacles inhérents aux TAP peuvent être dépassés.